Chaussures de sécurité : comment bien les choisir (EN ISO 20345)
Par Protekix · Mis à jour le · 4 min de lecture

L'essentiel
Pour choisir des chaussures de sécurité, partez des risques du poste pour fixer la classe EN ISO 20345 (S1P en intérieur sec, S3 en extérieur ou sur sol humide), puis choisissez l'embout (acier ou composite), la semelle selon le sol et la chaleur, la hauteur de tige et enfin la pointure et le confort. Une chaussure confortable est une chaussure portée toute la journée.
Une paire de chaussures de sécurité se porte huit heures par jour, parfois plus. Un mauvais choix se paie en ampoules, en douleurs de dos et, au bout du compte, en chaussures laissées au vestiaire. Voici la méthode pour choisir une paire qui protège vraiment et qu'on garde aux pieds.
Étape 1 : choisir la classe selon le poste
Toutes les chaussures de sécurité répondent à la norme EN ISO 20345, révisée en 2022 : elles ont au minimum un embout qui résiste à un choc de 200 joules et à un écrasement de 15 kN. La classe (S1P, S3, S7…) ajoute ensuite des protections. Le détail de chaque classe est dans notre guide S1P ou S3 : quelle différence ?.
| Environnement de travail | Classe conseillée |
|---|---|
| Intérieur, sol sec, sans clous (magasin, entrepôt propre) | S1 ou S1P |
| Intérieur avec risque de clous, vis, copeaux | S1P ou S1PS |
| Extérieur, chantier, sol humide ou boueux | S3 ou S3S |
| Pluie toute la journée, terrassement, travaux publics | S7 ou S7S |
| Agroalimentaire, lavage, eau permanente | Bottes S4 ou S5 |
Étape 2 : l'embout de protection
| Embout | Avantages | Limites |
|---|---|---|
| Acier | Robuste, fin, économique | Plus lourd, conduit le froid et la chaleur, déclenche les portiques |
| Composite (fibres, polymères) | Léger, isolant thermique, sans métal | Un peu plus volumineux |
| Aluminium | Léger et fin | Conduit le froid et la chaleur, détecté par les portiques |
Tous les embouts certifiés offrent la protection minimale de la norme. Le choix se fait sur le poids, le confort et les contraintes du site (détecteurs de métaux, travail au froid).
Étape 3 : la semelle selon le sol et la chaleur
La semelle conditionne l'adhérence, l'amorti et la tenue à la chaleur.
- Antidérapance : toutes les chaussures passent un test de glissance de base ; le marquage SR indique en plus un essai sur carrelage avec glycérine, plus exigeant. À privilégier dans les cuisines, l'agroalimentaire et les ateliers huileux.
- Chaleur de contact : le marquage HRO (semelle résistante à 300 °C) est indispensable sur les enrobés chauds, en fonderie ou en soudure.
- Hydrocarbures : le marquage FO garantit une semelle qui ne gonfle pas au contact des huiles et carburants, utile en garage et en atelier poids lourd.
- Matière : le polyuréthane (PU) est léger et amortissant ; le caoutchouc nitrile résiste mieux à la chaleur et aux hydrocarbures ; les semelles bi-densité combinent les deux.
- Crampons : indispensables sur terrain meuble (S3 et plus), inutiles et salissants en intérieur.
Étape 4 : basse ou montante, et les options
| Option | Quand la choisir |
|---|---|
| Tige montante | Terrain irrégulier, échafaudages, risque d'entorse, projections |
| Tige basse | Sol plat, beaucoup de marche, conduite d'engins |
| ESD (EN 61340-5-1) | Électronique, zones sensibles aux décharges électrostatiques |
| CI / HI | Travail au froid (chambres froides, hiver) / près de sources de chaleur |
| M | Risque d'écrasement du métatarse (manutention de charges lourdes) |
| WR | Chaussure entièrement imperméable, déjà incluse en S6 et S7 |
Étape 5 : pointure, largeur et confort
C'est l'étape la plus négligée, et la plus importante pour que la chaussure soit portée.
- Essayez en fin de journée, avec les chaussettes de travail.
- Vérifiez l'espace devant les orteils : ils ne doivent jamais toucher l'embout, même en descente.
- Regardez la largeur : de nombreux fabricants déclinent leurs modèles en plusieurs chaussants. Un pied large dans une chaussure étroite se blesse sur les bords de l'embout.
- Testez le poids : quelques centaines de grammes par pied font une vraie différence en fin de journée pour un préparateur de commandes.
- Pensez à la semelle de propreté : amovible et amortissante, elle se remplace quand elle est tassée. Une semelle orthopédique doit être prévue par le fabricant de la chaussure, sinon la certification n'est plus valable.
Pour les femmes, préférez des modèles conçus sur une forme féminine (talon plus étroit, cou-de-pied différent) plutôt qu'une pointure homme réduite.
Entretien et durée de vie
- Brossez et laissez sécher à l'air libre, loin d'une source de chaleur directe.
- Alternez deux paires si vous transpirez beaucoup ou travaillez sous la pluie.
- Remplacez la paire dès que l'embout apparaît ou est déformé, que la semelle est lisse ou décollée, que la tige est percée, ou après un choc important sur l'embout.
Quand les chaussures sont prescrites par l'évaluation des risques, l'employeur les fournit gratuitement et les remplace quand elles sont usées (Code du travail, article R4323-95). Le salarié, lui, doit les porter.
Les chaussures ne sont qu'un élément de la tenue : retrouvez notre guide sur les obligations de l'employeur en matière d'EPI.
Questions fréquentes
Quelle chaussure de sécurité choisir ?
Choisissez d'abord la classe selon le poste : S1P pour un sol sec en intérieur, S3 dès qu'il y a de l'eau, de la boue ou du travail en extérieur, S7 sous la pluie toute la journée. Ensuite, l'embout (composite pour la légèreté et l'absence de métal, acier pour la robustesse), la semelle adaptée au sol et à la chaleur, la hauteur de tige, puis la pointure et le confort, testés en conditions réelles.
Embout acier ou composite : lequel choisir ?
Les deux offrent la même protection minimale exigée par la norme : résistance à un choc de 200 joules et à un écrasement de 15 kN. Le composite est plus léger, ne conduit ni le froid ni la chaleur et ne déclenche pas les portiques de détection. L'acier est plus fin, donc parfois plus confortable pour les pieds larges, et moins cher.
Comment choisir la taille de ses chaussures de sécurité ?
Essayez-les en fin de journée, quand le pied est le plus gonflé, avec les chaussettes de travail. Les orteils ne doivent pas toucher l'embout, même en marchant en pente, et le talon ne doit pas se soulever. Tenez compte de la largeur : beaucoup de fabricants proposent plusieurs chaussants. Entre deux pointures, prenez la plus grande.
Combien de temps durent des chaussures de sécurité ?
Il n'y a pas de durée fixe : elle dépend de l'usage, souvent de 6 mois à 1 an pour un usage intensif sur chantier, davantage en usage modéré. Remplacez-les dès que l'embout est visible ou déformé, que la semelle est usée ou décollée, que la tige est percée, ou après un choc important sur l'embout.
Les chaussures de sécurité sont-elles obligatoires ?
Elles le sont dès que l'évaluation des risques identifie un risque pour les pieds : chute d'objets, écrasement, clous, sol glissant. L'employeur les fournit alors gratuitement et le salarié doit les porter sur les postes concernés.
Sources
Publié le par Protekix. Une question sur ce guide ou sur un EPI ? Appelez-nous au 01 23 45 67 89.

